Communiqué
27/05/2026

La Guilde Française des Scénaristes tient à rappeler une évidence que les déclarations récentes du président du directoire de Canal+ ont rendue nécessaire.

Le 11 mai, plusieurs centaines de professionnels du cinéma ont signé, dans Libération, une tribune qui ne mettait nullement en cause les équipes de Canal+, mais exprimait leur inquiétude face à la concentration de la chaîne de financement, de production, de distribution et de diffusion du cinéma français autour d’un même groupe et de son actionnaire de contrôle. Une tribune est un texte d’opinion. Sa fonction, dans une démocratie, est précisément de permettre à des citoyens et à des professionnels d’exprimer publiquement une analyse, un idéal, un malaise. La requalifier en « pétition » pour mieux la disqualifier ne change rien à sa légitimité.

Que l’on partage ou non le degré d’alarme des signataires, leur droit à s’exprimer n’est pas négociable. La Guilde défend donc sans réserve le droit des auteurs et des autrices s’étant joints à cette tribune à faire entendre une inquiétude professionnelle sur l’avenir de leur secteur.

La réaction du président du directoire de Canal+, annonçant son intention de ne plus travailler avec les signataires, appelle en revanche une condamnation ferme. Écarter des professionnels d’un projet en raison d’une opinion politique qu’ils ont exprimée publiquement constitue une discrimination, prohibée tant dans l’accès au travail que dans la fourniture de services. Ce n’est pas un libre choix commercial, c’est une mesure de rétorsion contre l’exercice d’une liberté fondamentale.

Ce mécanisme, La Guilde le connaît bien. C’est celui qu’elle combat chaque fois qu’un producteur écarte une autrice ou un auteur pour avoir réclamé le respect des accords interprofessionnels ou dénoncé un abus. La mise à l’index professionnelle de celles et ceux qui défendent leurs droits est l’une des atteintes les plus graves qui soient à l’équilibre de notre profession. Qu’elle émane cette fois du premier financeur du cinéma français en accroît la gravité.

Nous relevons enfin que cette réaction valide par sa nature même l’inquiétude qu’elle prétend balayer. Lorsqu’une expression de crainte sur le contrôle d’un secteur reçoit pour réponse la menace d’en exclure ceux qui l’ont formulée, c’est la démonstration qui se substitue au démenti.

La Guilde Française des Scénaristes apporte son plein soutien aux signataires de la tribune dans l’exercice de leur liberté d’expression, et appelle l’ensemble des organisations professionnelles à se tenir aux côtés de toute personne qui serait inquiétée pour avoir, simplement, donné son avis.


Contact presse
La Guilde française des scénaristes – Camille Bouvelot – 06 50 08 76 29 –  camille.bouvelot@guildedesscenaristes.org