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Conseil n°9 - Scott Myers

Quand on écrit, on peut suivre plusieurs voies. En voici deux.

On peut voir cela comme la réponse à une question que me posent assez régulièrement les jeunes scénaristes. Elle peut prendre différentes formes :

Sur quel genre d’histoires devrais-je me concentrer ?

J’ai plein d’idées d’histoires : comme savoir laquelle  développer ?

Quelle est la meilleure manière d’optimiser mes chances de voir mon script produit ?

Il n’y a pas une bonne réponse à ces questions. Et même s’il y en avait une et que je vous la donnais, vous pouvez être certain qu’un de ces quatre vous allez tomber sur l’histoire d’un type qui aura fait exactement le contraire et vendu très cher un scénario on spec.

Cela dit, grosso modo, il y a deux manières d’envisager l’écriture d’un scénario.

La plus évidente, c’est : « Écrire pour le marché ».

C’est la règle numéro 1 du commerce : qui est votre client ? Si c’est le marché, alors regardez ce qu’il achète. Ça peut vouloir dire là maintenant tout de suite, ça peut vouloir dire repérer les schémas récurrents en matière de genre, de style d’histoires, sur la dernière décennie, voire plus, ça peut aussi vouloir dire lire dans le marc de café pour essayer de voir ce qui va faire un carton.

Vous rassemblez autant d’infos que possible sur la demande du marché, de telle sorte que si vous évaluez vos concepts d’histoires, vos centres d’intérêts, et votre capacité à faire entendre votre voix en tant qu’auteur, vous serez en mesure de faire un choix raisonné.

Je sais aussi que les auteurs confirmés donnent souvent un autre conseil : « Ne tenez pas compte du marché ». Les choses bougent. Ce que vous écrivez aujourd’hui ne sera pas ce qui se vendra demain. Et ce qui compte, c’est d’être sincère. Le vieil adage est vrai : « Choisissez un sujet que vous connaissez ». Le problème avec cette approche, c’est que si c’est peut être valable pour certains auteurs, c’est exactement l’inverse pour d’autres.

Un exemple, vous êtes fan de thrillers et de films d’action, ce sont les films que vous regardez, ceux dont vous avez analysé les scénarios, le genre de truc qui vous sort littéralement par tous les pores de la peau. Eh bien y compris dans ce cas, ce serait probablement stupide de ne pas surveiller l’état du marché.

Primo, qu’est-ce qui se passe si un scénario qui vient d’être mis en production, ou un projet en développement, est pile poil le truc que vous aviez l’intention d’écrire ? Bonjour la perte de temps, vous avez écrit un scénar qui n’a plus aucune chance de trouver un producteur.

Deuxio, en observant ce qui se développe et ce qui se produit, vous pouvez avoir l’étincelle qui va vous lancer dans l’écriture d’un script on spec sous un angle nouveau.

Tertio, vous pouvez parier que les pros surveillent ce que le marché recherche. Alors pourquoi pas vous ? Donc, si vous suivez cette voie, il n’y aucune raison de ne prêter aucune attention au marché alors que de toute évidence il y aurait des tas de raisons de le faire.

Maintenant, un peu de sagesse gratuite : pour un autre type d’auteur, celui qui par exemple est plus attiré par l’exploration de sa propre créativité, par la recherche de ce qu’il perçoit comme les extrêmes limites de ce qu’est le cinéma, « Oubliez le marché » peut aussi être un conseil très valable.

Et dans ce cas, il y a une autre voie, une approche qu’on peut résumer de cette façon : « Vendez-leur vos rêves ».

Au cœur de cette démarche, il y a une confiance absolue en vous-même en tant qu’auteur et en particulier dans votre capacité à mettre en récit votre propre vision du monde. Vous regardez des films, vous analysez des scénarios, vous lisez des bouquins, en gros la même chose que ce que devrait faire n’importe quel apprenti scénariste, mais tout cela ne fait que nourrir votre instinct créatif.

C’est ce qu’a fait Tarantino en écrivant Reservoir Dogs, ou Soderbergh avec Sex, Lies and Videotape. Ou encore Kaufman avec Being John Malkovich.

Voyez ces deux approches comme une réponse à la tendance du marché à acheter toujours la même chose, mais en un peu différent.

La voie « Écrivez pour le marché » joue davantage sur la reproduction.

La voie « Vendez leur vos rêves » joue davantage sur la différence.

Et mon conseil dans tout ça ? Accordez-vous un peu de temps pour évaluer avec honnêteté vos propres capacités, ce qui fait votre singularité. Analysez votre propre créativité. En particulier, détectez les films qui vous inspirent, les histoires qui vous passionnent.

Ensuite, jetez un coup d’œil à vos concepts, à toutes vos idées. Si vous n’en avez pas déjà fait la liste, faites le. Prenez le temps de les examiner une par une. Lesquelles se distinguent comme étant les plus prometteuses, les plus susceptibles de devenir un film ?

Finalement, imaginez vous à un carrefour. D’un côté il y a un panneau : « Écrivez ce qui se vend » ; de l’autre : « Vendez leur vos rêves ».

Quelle est la route qui vous attire le plus, celle qui vous semble la plus juste ? Il ne s’agit pas de choisir la bonne ou la mauvaise, mais celle qui vous correspond le mieux, en toute honnêteté, celle qui colle à votre instinct d’auteur.

Avec un peu de chance, l’une des deux routes devrait répondre à cette attente.

Sinon, pas d’inquiétude. Suivez le conseil du Yogi Berra (joueur de baseball connu pour ses aphorismes neuneus) : « Quand vous vous trouvez à la croisée des chemins, foncez ! »

En d’autres termes, prenez une voie ou l’autre, mais écrivez quelque chose.

C’est comme ça que vous finirez par avoir une histoire potentiellement vendable. Et peut-être plus important encore : vous aurez appris quelque chose sur vous-même, en tant que scénariste.

Et vous ? Quel genre de scénariste êtes-vous ? Quelle voie allez-vous suivre ?

 

© Scott Myers

Article traduit par un.e scénariste membre de La Guilde Française des Scénaristes : www.guildedesscenaristes.org

 

Retrouvez en version originale l’intégralité des articles de Scott Myers, ainsi que de nombreuses analyses de scripts et interviews de professionnels sur le blog Go Into The Story.

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