Menu icoMenu232White icoCross32White

Images de la page d'accueil

Cliquez pour éditer

Bandeau avec du texte, des boutons ou une inscription à la newsletter

Cliquez pour éditer

Conseil n°4 - Scott Myers

Peu importe ce que vous avez lu. Ou ce que vous avez pu entendre. Peut-être que celui qui vous a dit qu’il y avait des règles est ce qu’on appelle un « gourou » de l’écriture. Peut-être que c’est un ami. Un collègue de votre atelier d’écriture. Quelle que soit cette personne, si elle vous dit qu’il y a des règles d’écriture… elle a tout faux.

Il n’y a pas de règles.

Comment le savons-nous ? Parce qu’aucune méthode d’écriture de scénario n’a jamais réussi à mettre tout le monde d’accord.

Bien sûr, il y a des tonnes de livres, de « webinaires », de séminaires, de masterclass, de podcasts, d’articles et de blogs. Et dans chacun d’eux, des gens déclarent que ceci ou cela peut être établi comme une règle.

C’est juste "bullshit".

Répétez après moi : il n’y a pas un seul guide de scénario qui fasse autorité. Donc, par définition, il n’y a pas de règles d’écriture de scénario.

Voici ce qui existe en revanche :

. Des lignes directrices. Il y a des manières connues et acceptées d’aborder le format des scénarios, des usages qui reflètent votre professionnalisme.

. Le sens commun. La plupart des chargés d’acquisition ou de développement utilisent leur sens commun quand ils évaluent vos scénarios.

. Des patterns (des trames qui se répètent). Nous partageons souvent avec ces responsables de développement une connaissance commune des principales formes et « paradigmes » concernant la structure des histoires, les personnages, la narration.

. Des principes généraux. Nous pouvons aller jusqu’à dire qu’il y a des préceptes fondamentaux concernant les histoires, qui découlent directement de la relation entre l’expérience humaine et notre besoin d’élaborer des récits qui donnent un sens à cette expérience humaine, tout en divertissant le public.

Mais rien de tout cela ne peut être désigné comme une règle.

Juste pour que nous soyons bien d’accord, voici la définition de « règle », telle que donnée par mon dictionnaire en ligne : « Ce qui est imposé ou adopté comme ligne directrice de conduite. »

Imposé ? Ligne de conduite ? Vous pensez vraiment que la créativité est une conduite à tenir ? Pitié, non ! En fait, je pense même que la raison pour laquelle on se retrouve avec autant de scénarios prévisibles, c’est parce que trop d’auteurs se retrouvent bridés par ces soi-disant règles de scénario.

Les règles sont comme des lois. Et on nous a appris à respecter les lois.

Sérieusement, cette façon de penser n’apporte rien d’autre que la castration de notre créativité.

Des lignes directrices, du sens commun, des modèles et des principes ? On peut se contenter de ça. Oui, connaître cela est important. Ça fait partie de l’apprentissage du métier. C’est pour ça que nous regardons des films et lisons des scénarios, que nous plongeons dans des centaines d’histoires. Car cela nous permet de cerner ce que ces histoires ont en commun. En les étudiant, nous voyons et entendons les éléments narratifs qu’elles ont en commun.

Nous cernons ces lignes directrices. Nous cernons ce sens commun. Nous cernons ces modèles. Nous cernons ces principes.

C’est ça l’important. La plupart du temps, notre histoire suivra naturellement ces modèles, jouera sur les attentes propres au sens commun, travaillera à l’intérieur des frontières des principes établis.

Mais parfois, une histoire peut nous dire : « Toc toc. Je ne rentre dans aucune de ces fichues boîtes ! Je vais inverser, subvertir et convertir tous tes principes jusqu’à ce que ce soient eux qui s’adaptent à moi, car je suis une histoire unique ! »

Quand nous entendons cette petite voix, quand l’histoire nous dit que le protagoniste sera un connard antipathique, quand l’histoire nous dit qu’elle devra s’écrire de façon non-linéaire, quand une histoire nous dit qu’il lui faut une voix-off, des flashbacks, des flashforwards, un premier acte qui s’éternise et un troisième avec plein d’exposition, ou un dénouement qui se transforme en séquence d’action…

Bref, quand nous entendons cette petite voix capable de défier le sens commun, nous n’avons pas simplement le droit de l’écouter, nous devons le faire !

Car l’histoire doit toujours triompher sur les soi-disant règles.

Si on se laisse aller à croire qu’il y a des règles d’écriture de scénario, qui gagne au final ? Les règles ou l’histoire qui prend des risques ?

Il n’y a pas de règles d’écriture de scénario.

Il y a des lignes directrices, un sens commun, des paradigmes et des principes généraux. Nous devons garder cela en tête car sans ça nos scénarios risquent de ne pas être compris par notre milieu professionnel. Et connaître la tradition nous permet aussi d’aller à contre-courant de celle-ci.

Mais nous devons ignorer toute personne qui promeut des supposées règles, car chaque histoire est différente.

À l’arrivée, c’est toujours l’histoire qui triomphe sur les soi-disant « règles d’écriture. »

 

© Scott Myers

Article traduit par un.e scénariste membre de La Guilde Française des Scénaristes : www.guildedesscenaristes.org

 

Retrouvez en version originale l’intégralité des articles de Scott Myers, ainsi que de nombreuses analyses de scripts et interviews de professionnels sur le blog Go Into The Story.

Fermer En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et notre Politique de Confidentialité. En savoir plus